Vague de chaleur : comment conserver ses collyres et traitements ophtalmiques ?

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Les épisodes de canicule sont plus en plus fréquents liés au changement climatique et ces phénomènes devraient continuer à augmenter en fréquence, en intensité et en durée dans les années à venir.

De nombreux patients s’interrogent donc sur la conservation de leurs collyres, pommades ophtalmiques et autres traitements pour les yeux. Peut-on encore utiliser un collyre qui est resté plusieurs heures dans une voiture ? Faut-il conserver ses traitements au réfrigérateur lorsqu’il fait plus de 35°C à l’extérieur ? Les fortes chaleurs peuvent-elles altérer l’efficacité ou la qualité des produits ?

Afin d’apporter une information fiable, l’association SOS Syndrome de l’Oeil Sec a contacté plusieurs laboratoires pharmaceutiques ainsi que des professionnels spécialisés en ophtalmologie. Leurs réponses convergent sur un point essentiel : il est important de respecter les conditions de conservation indiquées sur l’emballage et dans la notice de chaque produit.

Pourquoi la chaleur peut-elle poser problème ?

Comme tous les médicaments et dispositifs médicaux, les traitements ophtalmiques font l’objet d’études de stabilité avant leur commercialisation. Ces études permettent de définir précisément leur durée de conservation ainsi que les conditions de stockage dans lesquelles leur qualité, leur efficacité et leur sécurité sont garanties.


Selon les produits, plusieurs situations existent :
– certains traitements doivent être conservés au réfrigérateur entre 2°C et 8°C ;
– d’autres doivent être conservés à une température inférieure à 25°C ;
– certains ne nécessitent pas de précautions particulières de conservation.

Les conditions précises de stockage sont toujours indiquées dans la notice et doivent être respectées.

Les recommandations des laboratoires

Les laboratoires que nous avons contactés recommandent de conserver les produits conformément aux conditions de stockage indiquées sur l’emballage ou la notice. 

Les médicaments et dispositifs médicaux à conserver à une température inférieure à 25°C doivent être gardés à domicile dans leur boîte, en évitant toute exposition prolongée à des températures élevées notamment en les protégeant de toute exposition au soleil comme par exemple dans un véhicule stationné, ou à proximité d’une fenêtre exposée au soleil ou dans tout autre environnement susceptible d’atteindre des températures supérieures à celles recommandées.

Les médicaments à conserver entre 2 et 8°C doivent être conservés au réfrigérateur, en évitant de les laisser trop longtemps en dehors du froid après sortie.

Concernant le transport de produits en période estivale, le transport dans un environnement tempéré est recommandé si cela est possible.
Pour les produits ne nécessitant pas de réfrigération, il est recommandé de les transporter dans un emballage isotherme non réfrigéré.
Pour les produits habituellement conservés au réfrigérateur, un emballage isotherme réfrigéré (par exemple une petite glacière avec blocs de glace) peut être utilisé, en veillant à éviter toute congélation.

Dans tous les cas, il est recommandé d’éviter toute exposition prolongée à des températures élevées, comme dans un véhicule stationné ou en circulation (même en mouvement), ainsi que dans tout environnement susceptible de chauffer fortement, notamment en plein soleil ou à proximité d’une fenêtre exposée, et ce même si le produit est dans une poche isotherme.

De manière générale, les conditions de conservation applicables aux produits sont celles figurant dans leur Résumé des Caractéristiques du Produit (RCP), leur notice ou leur étiquetage, qui reposent sur des données de stabilité évaluées lors du développement et validées dans le cadre de leur autorisation de mise sur le marché.

En cas d’exposition accidentelle à une forte chaleur pendant plusieurs heures ou plusieurs jours, il est recommandé de demander conseil à son pharmacien ou son professionnel de santé voire de contacter le service d’information médicale du laboratoire afin d’évaluer la situation au cas par cas.

Le cas particulier de la ciclosporine de l’Hôtel-Dieu

Concernant la ciclosporine préparée par la pharmacie de l’hôpital Cochin et distribuée par l’Hôtel-Dieu, l’équipe d’Upharma nous a indiqué que ce collyre est particulièrement résistant à la chaleur et qu’il est soumis à des températures élevées lors de sa fabrication.


Selon leurs recommandations, il suffit de conserver ce traitement dans la pièce la plus fraîche du domicile, sans mesure particulière supplémentaire.

Conseils pratiques en période de canicule

Au-delà des recommandations officielles, il peut être prudent, lors d’épisodes de forte chaleur, de conserver ses traitements dans la pièce la plus fraîche du logement, à l’abri du soleil direct et des sources de chaleur.


En revanche, sauf indication contraire figurant dans la notice, il n’est pas recommandé de placer un médicament au réfrigérateur si celui-ci n’est pas prévu pour être conservé dans ces conditions.


Lorsque vous transportez vos traitements, évitez autant que possible les expositions prolongées à la chaleur, notamment dans les véhicules, même lorsqu’ils sont stationnés pour une courte durée.

Une question qui se pose dans le contexte du changement climatique

Les conditions de conservation figurant dans les notices correspondent aux données de stabilité évaluées lors du développement des produits et dans le cadre de leur autorisation de mise sur le marché.


Toutefois, l’évolution du climat soulève de nouvelles interrogations. Les épisodes de chaleur extrême deviennent plus fréquents et certaines régions connaissent désormais plusieurs jours, voire plusieurs semaines, avec des températures dépassant largement les 30°C.


Les réponses reçues rappellent avant tout la nécessité de respecter les conditions de conservation figurant dans les notices et d’éviter toute exposition à des températures excessives, notamment dans les véhicules stationnés ou en plein soleil.


Elles soulignent également que les conditions de conservation recommandées correspondent aux données de stabilité disponibles pour chaque produit. Certains laboratoires précisent par ailleurs qu’ils ne disposent pas nécessairement de données permettant d’évaluer systématiquement l’impact d’expositions prolongées ou répétées à des températures supérieures à celles recommandées.


La question de la conservation des traitements lors d’épisodes de chaleur prolongés susceptibles de devenir plus fréquents dans les années à venir reste néanmoins un sujet d’intérêt pour les patients. De futures données ou recommandations permettront peut-être de mieux répondre à ces situations à mesure que le climat évolue.

En cas de doute 

En cas de doute sur les conditions de conservation d’un produit, le plus prudent reste de demander conseil à son pharmacien, à son médecin ou au service médical du laboratoire concerné.