Les pathologies de l’oeil et son environnement

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Un certain nombre de pathologies touchant la cornée ou les yeux dans leur ensemble peuvent entraîner de la sécheresse oculaire à divers degrés et de façon ponctuelle ou chronique.

Les pathologies touchant la cornée

Il s’agit essentiellement de kératites et de dystrophies cornéennes.

  • Kératite herpétique récidivante :

La kératite herpétique récidivante est une manifestation oculaire du virus herpès simplex, caractérisée par des épisodes inflammatoires récurrents de la cornée. C’est une maladie rare qui peut entraîner des séquelles visuelles.

Les symptômes de la kératite herpétique récidivante comprennent principalement la douleur oculaire, la rougeur, la photophobie (sensibilité à la lumière), des larmoiements excessifs, une sensation de corps étranger dans l’œil et des épisodes récurrents de vision floue. Les symptômes peuvent varier en intensité et peuvent être déclenchés par divers facteurs, y compris le stress et les infections.

La kératite herpétique récidivante peut être associée à une sécheresse oculaire, en particulier en raison de l’inflammation chronique de la cornée et, à l’altération de l’innervation cornéenne causée par les multiples épisodes de kératites. En effet, à terme, ces derniers perturbent le message neuronal du réflexe lacrymal. La gestion de la sécheresse oculaire peut être une composante importante du traitement global.

Le traitement de la kératite herpétique récidivante vise à contrôler les symptômes aigus, prévenir les récidives et préserver la santé oculaire. Les antiviraux oraux ou topiques peuvent être prescrits, tandis que les stéroïdes peuvent être utilisés pour réduire l’inflammation. Dans certains cas, des traitements plus avancés, tels que la kératoplastie, peuvent être envisagés.

La prévalence exacte de la kératite herpétique récidivante en France peut varier, mais elle est généralement considérée comme une maladie relativement rare. Les données épidémiologiques précises peuvent être difficiles à établir en raison de la variabilité des symptômes et de la sous-déclaration potentielle des cas.

Source prévalence : https://www.snof.org/encyclopedie/herp%C3%A8s-oculaire

Sources: https://www.sfo-online.fr/session/media/keratite-herpetique-et-secheresse-oculaire-apropos-de-37-cas https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-03096612/document

  • Kératite neurotrophique :

La kératite neurotrophique est une maladie dégénérative rare (>1,6 cas/10 000) de la cornée liée à une altération de sa sensibilité. Elle provient d’une altération partielle ou totale de l’innervation du nerf trijumeau. Elle entraîne un retard de cicatrisation de l’épithélium cornéen.
La cornée devient peu voire plus du tout sensible et s’accompagne notamment d’une diminution du film lacrymal et fréquemment de lésions cornéennes chroniques (kératites, ulcères, fonte stromale…).

Les principaux symptômes sont les suivants :

  • Baisse de l’acuité visuelle ;
  • Sécheresse oculaire associée à un larmoiement ;
  • Hyperhémie conjonctivale modérée ;
  • Une douleur absente ou faible.

Les principales causes de cette maladie sont les suivantes :

  • Complication d’une infection herpétique ;
  • Lésions intracrâniennes entraînant une compression et/ou des interventions chirurgicales lésant la branche ophtalmique du nerf trijumeau ;
  • Traumatisme oculaire (brûlure chimique, traumatisme physique) ;
  • Abus de certains collyres (anesthésiques, AINS) ;
  • Certaines interventions chirurgicales.

Il n’existe pas, à ce jour, de traitement curatif de cette pathologie. L’objectif principal sera la cicatrisation épithéliale. Les traitements utilisés sont les suivants :

  • Substituts lacrymaux sans conservateurs ;
  • Lentilles sclérales ;
    Sérum autologue ;
    Cacicol ;
  • Membranes amniotiques ;
  • Recouvrement conjonctival ;
  • Tarsorraphie.

Source : https://www.has-sante.fr/upload/docs/evamed/CT-16456_OXERVATE_PIC_INS_Avis3_CT16456.pdf

  • Les dystrophies cornéennes :

Les dystrophies cornéennes regroupent plusieurs pathologies caractérisées par des changements progressifs de la cornée, la partie transparente de l’œil. Elles entraînent le plus souvent une perte de la transparence cornéenne ainsi qu’une diminution de l’acuité visuelle. Certaines dystrophies cornéennes sont héréditaires.

Les principaux types de dystrophies cornéennes
Dystrophie de Fuchs (ou cornea guttata) qui touche la couche la plus profonde de la cornée ;
Dystrophie Postérieure Polymorphe ;
Dystrophie de Lattice ;
Dystrophie de Cogan.

Le plus souvent, les symptômes d’une dystrophie cornéenne sont une baisse d’acuité visuelle, une sensibilité à la lumière et des halos lumineux. Mais les symptômes peuvent varier en fonction des malades et du type de dystrophie.

Le traitement des dystrophies cornéennes dépend du type spécifique et de la gravité des symptômes. Il peut inclure l’utilisation de collyres lubrifiants pour soulager la sécheresse oculaire, des médicaments pour réduire l’inflammation, ou même des interventions chirurgicales, telles que la greffe de cornée, dans les cas avancés.

La sécheresse oculaire peut accompagner certaines dystrophies cornéennes en raison des changements structurels qui affectent le film lacrymal.

Source : https://www.swissmedical.net/fr/ophthalmologie/consultations-ophtalmologiques/maladies-cornee http://perso.numericable.fr/keratos/francais/pathologies-dystrophies.htm

  • Le kératocône

Le kératocône est une maladie se traduisant par un amincissement et une déformation de la cornée vers une forme conique avec différents stades d’évolution. Il est essentiellement lié aux frottements oculaires répétés et s’associe souvent à une allergie oculaire.

Il entraîne une baisse de l’acuité visuelle avec une myopie évolutive par bombement de la cornée et un astigmatisme, des aberrations de la vision, un flou visuel et une photophobie.

Le kératocône peut également entraîner de la sécheresse oculaire de plusieurs façons :
D’un point de vue anatomique, la forme conique de la cornée va modifier la distribution et la répartition des larmes sur la surface de l’oeil et entraîner une instabilité du film lacrymal ;
Toujours en raison de la forme de la cornée, les paupières vont frotter de manière irrégulière sur la surface de l’oeil et entraîner une instabilité du film lacrymal ;
Les patients souffrant de kératocône ont généralement des yeux plus sensibles et sont amenés à développer différentes pathologies comme de l’eczéma, des allergies, etc qui peuvent elles-mêmes contribuer à aggraver une sécheresse oculaire préexistante.

Il n’existe pas de traitement curatif, pour les stades modérés des lentilles rigides ou sclérales sont prescrites. Pour les stades sévères, une cornéoplastie peut être pratiquée, voire une greffe de cornée pour les cas les plus sévères.

Sources :

https://www.chu-toulouse.fr/-qu-est-ce-que-le-keratocone-

https://www.gatinel.com/recherche-formation/keratocone-2/

https://www.cahiers-ophtalmologie.fr/media/fe22849f1f6fa761c70ab70a5ce0ffc1.pdf

Les pathologies de la conjonctive et de la cornée

Plusieurs types de kératoconjonctivites peuvent entraîner une sécheresse oculaire là encore plus ou moins importante.

  • Kératoconjonctivite limbique supérieure de Théodore :

Il s’agit d’une maladie rare touchant le segment antérieur de l’œil consistant en une inflammation chronique et récurrente de la conjonctive supérieure tarsale et bulbaire, ainsi que du limbe supérieur. Elle peut être associée à une dysthyroïdie. Le patient témoigne principalement de sensations de brûlures et de corps étranger, de rougeur oculaire persistante, un larmoiement excessif, une sensation de brûlure, une photophobie et une vision floue. Les symptômes peuvent varier en intensité, mais ils ont tendance à être chroniques. Lors de l’examen, on retrouve une hyperhémie conjonctivale, des papilles conjonctivales bulbaires et tarsales supérieures, une KPS supérieure et parfois une kératite filamenteuse.

La prise en charge de la kératoconjonctivite limbique supérieure de Théodore vise à atténuer les symptômes et à prévenir les complications. Les traitements peuvent inclure l’utilisation de larmes artificielles, des médicaments anti-inflammatoires, voire des interventions chirurgicales dans les cas les plus sévères. La gestion à long terme est souvent nécessaire pour contrôler les symptômes.

Bien que la kératoconjonctivite limbique supérieure de Théodore ne soit pas directement associée à la sécheresse oculaire, l’inflammation prolongée de la conjonctive et de la cornée peut entraîner des symptômes de sécheresse oculaire.

La prévalence exacte de la kératoconjonctivite limbique supérieure de Théodore en France est difficile à déterminer en raison de sa rareté. Cependant, les cas rapportés sont limités, ce qui en fait une condition peu fréquente nécessitant une reconnaissance accrue et une compréhension approfondie.

sources : 

https://www.em-consulte.com/em/SFO/2015/html/file_100018.html

https://www.orpha.net/Theodore

https://www.cahiers-ophtalmologie.fr/media/65ed4527012fc993cc07e78752e023df.pdf

https://www.laboratoires-thea.com/medias/ulceres_chroniques_cornee_thea_website.pdf

  • Kératoconjonctivite vernale :

La kératoconjonctivite vernale est une réaction inflammatoire chronique et sévère de la conjonctive et de la cornée, déclenchée par une sensibilité allergique aux pollens et aux allergènes présents dans l’air printanier. Elle est plus fréquente chez les enfants de sexe masculin et peut entraîner des symptômes plus graves que la conjonctivite allergique typique.

Les symptômes de la kératoconjonctivite vernale comprennent une sensation de brûlure, des démangeaisons oculaires sévères, une photophobie (sensibilité à la lumière), une vision floue et la présence de nodules conjonctivaux. Ces nodules peuvent persister même après la disparition des symptômes aigus. Bien que la kératoconjonctivite vernale soit principalement une réaction allergique, l’inflammation prolongée de la conjonctive et de la cornée peut entraîner de la sécheresse oculaire.

Le traitement de la kératoconjonctivite vernale peut impliquer l’utilisation de gouttes oculaires antihistaminiques, de corticostéroïdes topiques pour réduire l’inflammation, et parfois de médicaments immunomodulateurs. Le port de lunettes de soleil peut également aider à protéger les yeux contre les allergènes environnementaux. La KCV se résout généralement de manière spontanée après la puberté.

En France la KCV touche entre 0,7 et 3,3 personnes sur 10 000 habitants.

Source : https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2022-10/pnds_kcv_..pdf

  • Kératoconjonctivite atopique :

La kératoconjonctivite atopique est une inflammation des yeux qui survient chez les personnes atteintes d’eczéma atopique. Les inflammations cutanées caractéristiques de l’eczéma peuvent également affecter les paupières et la conjonctive, entraînant des symptômes oculaires spécifiques.

Les symptômes de la kératoconjonctivite atopique comprennent des démangeaisons oculaires sévères, des rougeurs, un larmoiement excessif, une sensation de brûlure, et parfois une vision floue. Ces symptômes peuvent fluctuer en intensité en fonction de la gravité de l’eczéma et des facteurs déclenchants.

Le traitement de la kératoconjonctivite atopique vise à contrôler l’inflammation et à soulager les symptômes. Il peut inclure l’utilisation de collyres corticostéroïdes, d’émollients oculaires, et parfois d’antihistaminiques. Dans les cas plus sévères, des médicaments immunosuppresseurs peuvent être nécessaires pour gérer l’inflammation.

La kératoconjonctivite atopique peut contribuer à la sécheresse oculaire en perturbant le film lacrymal qui protège la surface de l’œil.

La prévalence exacte de la kératoconjonctivite atopique en France peut varier, mais elle est souvent observée chez un pourcentage significatif de personnes atteintes d’eczéma atopique. Les chiffres précis dépendent des études épidémiologiques en cours, mais il est essentiel de sensibiliser à cette condition, en particulier chez les individus atteints d’eczéma.

Sources :
https://www.cahiers-ophtalmologie.fr/media/ba26cf2efa03a69dde8a286803e0847a.pdf

https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0181551219300750?fr=RR-2&ref=pdf_download&rr=84a886d088b1d6a6

  • Kératoconjonctivite adénovirale :

La kératoconjonctivite adénovirale est une inflammation de la cornée (kératite) et de la conjonctive (conjonctivite) causée par une infection virale, principalement par le virus adénovirus. Ce virus est hautement contagieux et se propage souvent dans des environnements tels que les écoles, les piscines et les milieux de travail.

Les symptômes de la kératoconjonctivite adénovirale comprennent la rougeur oculaire, la sensation de corps étranger, le larmoiement excessif, la photophobie (sensibilité à la lumière), une vision floue et, parfois, des sécrétions oculaires purulentes. Ces symptômes peuvent varier en intensité.

Dans ce cadre, on estime que la sécheresse oculaire est la “conséquence du syndrome inflammatoire aigu ayant décompensé l’équilibre de la surface oculaire, selon les principes pathogéniques en cercle vicieux de syndrome sec”. La sécheresse oculaire peut s’améliorer en soignant la kératoconjonctivite adénovirale, mais parfois elle peut perdurer à l’issue de la guérison de la maladie principale.

Le traitement de cette pathologie est principalement symptomatique. Il peut inclure l’utilisation de larmes artificielles et d’autres thérapeuthiques pour la sécheresse oculaire, et parfois des médicaments antiviraux topiques. Il est crucial de consulter un professionnel de la santé pour un diagnostic précis et un plan de traitement approprié.

La prévalence exacte de la kératoconjonctivite adénovirale en France peut varier d’une année à l’autre en raison de sa nature contagieuse et saisonnière. En général, on estime que les infections à adénovirus représentent une proportion significative des conjonctivites virales, mais les chiffres précis peuvent être difficiles à déterminer en raison de nombreux cas non déclarés.

Sources : https://www.em-consulte.com/em/SFO/2015/html/file_100013.html https://couf.fr/wp-content/uploads/2021/05/Chapitre-6_2021.pdf

  • Conjonctivite papillaire géante :

La conjonctivite papillaire géante se caractérise par la présence de papilles, des petites excroissances en forme de monticules, sur la conjonctive. Ces papilles peuvent se former en réponse à des irritants ou à des allergènes et sont généralement localisées sur la face interne de la paupière supérieure.

Les symptômes de la conjonctivite papillaire géante comprennent des démangeaisons oculaires, un larmoiement excessif, une sensation de brûlure, une vision floue, et la présence de papilles visibles lors d’un examen oculaire. Les symptômes peuvent varier en intensité en fonction de la cause sous-jacente.

Le traitement de la conjonctivite papillaire géante peut impliquer l’utilisation de larmes artificielles pour soulager les symptômes de sécheresse oculaire, l’arrêt temporaire du port de lentilles de contact, l’utilisation de collyres antihistaminiques, ou même des corticostéroïdes topiques dans les cas plus sévères.

La conjonctivite papillaire géante peut être associée à des symptômes de sécheresse oculaire, en particulier si elle est causée par des irritants ou des allergènes. Les papilles peuvent contribuer à une irritation oculaire qui, à son tour, peut provoquer des symptômes de sécheresse, de brûlure et d’inconfort.

La prévalence exacte de la conjonctivite papillaire géante en France n’est pas bien documentée, mais elle est généralement considérée comme une maladie relativement rare. Cependant, elle peut survenir chez des personnes de tous âges, en particulier chez celles qui portent des lentilles de contact ou qui sont exposées à des allergènes oculaires.

Sources : https://areaoftalmologica.com/fr/cornea/conjuntivitis/papilar/

Les pathologies de l’oeil pouvant entraîner une sécheresse oculaire

Il s’agit principalement de l’uvéite.

  • Le glaucome :

Le glaucome est considéré comme une maladie chronique de l’œil due à des lésions du nerf optique. Cette pathologie est favorisée par l’élévation de la pression interne de l’œil et peut provoquer une baisse de la vision par la diminution du champ visuel. Le glaucome est relativement courant puisqu’il concerne, en France, entre 1 et 2% de la population de plus de 40 ans. Il s’agit d’une pathologie potentiellement grave puisqu’il s’agit de la seconde cause de cécité en France après la DMLA. A noter que la prise prolongée de corticoïdes accroît le risque de développer un glaucome.

Différentes études ont démontré que les patients atteints de sécheresse oculaire étaient également plus susceptibles de développer un glaucome et inversement. En effet, l’instillation de certains collyres traitant le glaucome entraîne des modifications des tissus composant la surface oculaire et parfois une sécheresse oculaire. C’est pourquoi, lorsque les patients sont atteints à la fois de glaucome et de sécheresse oculaire, il est important d’en parler à son ophtalmologue qui pourra proposer un collyre sans conservateurs pour traiter le glaucome, voire instaurer un traitement per os comme les inhibiteurs de l’anhydrase carbonique. Le laser pourra également être envisagé afin de réduire les collyres.

Une association est disponible pour aider tous les patients souffrants de glaucome : https://www.associationfranceglaucome.fr/

Source : http://www.realites-cardiologiques.com/wp-content/uploads/sites/2/2012/07/RO194_labbe.pd

Source prévalence : https://www.ameli.fr/yvelines/assure/sante/themes/glaucome/comprendre-glaucome